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Biodiversité et gestion de l’eau

Le mot « biodiversité » est passé depuis quelques années dans le langage courant, utilisée aussi bien pour désigner la nature exceptionnelle présente au sein de la forêt amazonienne que le petit brin d’herbe poussant dans entre deux pavés d’un trottoir d’une capitale cosmopolite. Mais quelle est-elle au juste ? Et que peut-on faire pour elle ? Et bien, il s’agit dans un premier temps de révolutionner notre perception à la nature que l’on veut maitriser, contrôler. Et si on laissait la nature respirer et nous rendre des services en lui offrant une véritable place dans nos espaces et notre société.

 Pour Reims Métropole et particulièrement pour la Direction de l’Eau et de l’Assainissement, il s’agit de prendre en compte la nature au travers de ces projets.

 Une première expérience a eu lieu avec la construction du bassin de retenue des eaux pluviales de Bezannes. En lieu et place d’un bassin classique en béton entouré d’un grillage haut pour limiter l’accès, la DEA a souhaité créer un bassin plus naturel où les plantes utilisées ont été choisies spécifiquement pour reconstituer un espace naturel. Un petit coup de pouce bien apprécié par la nature qui a investi rapidement les lieux pardes oiseaux et des grenouilles. 

 

Bassin de Bezannes

 

Aujourd’hui un nouveau défit s’annonce : les méthodes d’analyses plus performantes mettent en évidence des pollutions chroniques dans les eaux superficielles et souterraines et la nécessité de réduire nos rejets pour préserver notre ressource en eau.

Ces pollutions même si à l’état de traces sont néanmoins impactantes pour les milieux naturels et engendrent des dysfonctionnements des écosystèmes. Chacun à son niveau peut réduire ces pollutions : en limitant l’utilisation des produits chimiques, en évacuant en déchetterie tous les liquides pollués, en ramenant les médicaments hors d’usage aux pharmacies… chacun doit participer !

 Malgré tout, il existera toujours une pollution plus diffuse et notamment celle apportée par les eaux de pluie, qui ruissellent sur les trottoirs, les chaussées entrainant directement vers la rivière un ensemble de particules déposées par nos véhicules et nos activités. Il est aujourd’hui nécessaire de traiter également cette pollution par la mise en place un « filtre » pour protéger la rivière et qu’elle puisse accueillir la faune et la flore.

 RM a décidé de relever ce défi conscient de la fragilité de la Vesle. Au lieu d’utiliser des techniques efficaces mais nécessitant des investissements couteux, RM a choisi de se lancer dans une expérience innovante en se basant sur le principe que la nature nous rend bien des services.

 Naturellement, les plantes consomment des nutriments par leurs racines. Elles sont en mesure soit de stocker (pour les métaux) soit de transformer un certain nombre de molécules si les conditions sont réunies : bonne oxygénation, bonne acidité… Il s’agit d’un véritable filtre naturel. L’eau issue des eaux pluviales et de la station d’épuration cheminera au travers d’une zone humide artificielle constituée de différents milieux : roselières, bras morts….et sera restituée à la rivière. 

Dans ce cadre, le groupement composé de bureaux d’études SINBIO, ESOPE, METIS Ingénierie et le Laboratoire Réactions et Génie des Procédés de Nancy viennent apporter leur savoir faire au côté de Reims Métropole.

 Ainsi, des études préalables sont en cours pour la création de la zone humide artificielle sur l’ancien site des eaux vannes à proximité de la station d’épuration. Elles ont pour objet d’acquérir une bonne connaissance du site et ainsi de positionner les ouvrages sans détruire les potentialités. Ainsi, ce projet s’attache à conserver les secteurs à fort enjeux écologiques afin de permettre une reconquête naturelle des espaces plus artificielles.

Approche technique du projet AZHUREV  : Création d’une zone humide artificielle de démonstration en traitement de finition et en traitement des surverses par temps de pluie.

 Synthèse :

 En 2011, le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et des Transports et du Logement (MEDDTL) à lancé un appel à projets dans le cadre d’une démarche de soutien aux « filières stratégiques de l’économie verte » de la stratégie nationale pour la biodiversité. Il s’agissait notamment de viser les projets utilisant des procédés de phytoépuration pour le traitement des eaux pluviales et les projets innovants utilisant les écosystèmes et de zones humides artificielles en traitement de finition pour renforcer la protection des milieux aquatiques récepteurs.

Dans ce cadre, le groupement composé du bureau d’études SINBIO, Reims Métropole, ESOPE, METIS Ingénierie et le Laboratoire Réactions et Génie des Procédés de Nancy a soumis le projet AZHUREV (Aménagement d’une Zone Humide à Reims pour l’Epuration et le Vivant).

Par son courrier du 27 février 2012, le MEDDTL a confirmé qu’il retenait le projet AZHUREV et que l’Agence de l’eau assurera le financement.

Plus précisément, le projet consiste à créer une zone humide de démonstration de 5 à 10 ha en aval de la station d’épuration de Reims Métropole (470 000 EH), visant à apporter un traitement de finition par temps sec, notamment sur l’azote et le phosphore ainsi que les micropolluants, ainsi qu’un traitement des eaux by-passées par temps de pluie, sur tous les paramètres classiques des rejets urbains par temps de pluie (RUTP), tout en créant un habitat de valeur pour la faune et la flore en milieu humide.

En effet, Le rejet de la station d’épuration de Reims Métropole représente 65% du débit de la Vesle (cours d’eau récepteur) lorsque celle-ci est à l’étiage. Dans cette situation, le dépassement de certaines valeurs seuil pour la bonne qualité des eaux de la rivière est inévitable.

Par ailleurs, l’impact du rejet des eaux non traitées par temps de pluie peut être très significatif, notamment pour un orage après une période sèche.

Enfin, les zones humides sont un réservoir important de la biodiversité.

Les objectifs du projet sont :

  1. montrer que la construction d’une zone humide artificielle en aval de la station de traitement des eaux usées de Reims Métropole apporte une amélioration de la qualité de la Vesle ;
  2. montrer que la construction d’une zone humide artificielle peut avoir un impact positif sur la biodiversité ;
  3. observer l’effet de la zone humide artificielle sur certains micropolluants qui ne sont pas traités par la station d’épuration ;
  4. établir des bases solides pour la conception des zones humides artificielles ;
  5. identifier les freins à l’acceptabilité sociale des zones humides artificielles.


Historique du site

 A la fin du 19ème siècle, face à la nécessité d’assainir Reims, la Ville a décidé et mis en place un système de collecte des eaux usées vers une zone éloignée des habitations. Dans l’esprit populaire, les zones humides étaient considérées inhospitalières, inexploitables et associés aux esprits malfaisants (alors qu’aujourd’hui, on sait qu’elles abritent près 80% des espèces remarquables). Le site des « eaux vannes » d’une superficie de plus de 300 ha, a donc été choisi et à partir de 1885, toutes les eaux « sales » y ont été dirigées.

Un système de cunettes et d’ouvrages de répartition permettait d’alimenter en priorité les terres basses (en vert), les terres moyennes ensuite (en rose) et enfin les terres hautes (en bleu).

Ce fonctionnement a perduré jusqu’en dans les années 70 lors de la construction de la première station d’épuration. Néanmoins, des épandages ont continué dans une moindre mesure pour palier à la déficience temporaire de la station. Ils se sont complètement arrêtés dans les années 2000.

 Ainsi, compte tenu de son historique, ce site rejoint vraisemblablement la liste des sites pollués.

 Le système hydraulique est toujours fonctionnel et sera peut être réactivé pour le projet.

 

 

Point d’avancement :

Principe des études préalables à la décision

Ces études ont pour objectif d’obtenir l’ensemble des informations utiles liées au périmètre d’étude et ses interactions avec son environnement proche et éloigné. Elles comprennent à la fois la collecte des informations, données, études existantes (récentes ou anciennes), leur synthèse, mais aussi les investigations de terrain afin de connaître les caractéristiques du secteur concerné. Les études envisagées portent sur la biodiversité, la qualité des sols (perméabilité, nature, pollution éventuelle), la topographie du site, les expériences similaires à l’échelle mondiale, la perception de cette zone par les publics.

Cette première phase, sur la base des investigations préalables, sera conclue par la proposition de plusieurs scénarios d’aménagement et d’esquisse du projet.

Diagnostic faune-flore du site

La synthèse des données bibliographiques a été réalisée par ESOPE et montre que certains secteurs ont un enjeu écologique important qu’il convient de préserver par des mesures de restauration et d’entretien.

 

En 2013, en périodes propices à l’observation des différents groupes, des Investigations de terrain vont permettre de déterminer la qualité des milieux par la présence d’espèces faunistiques et floristiques. Ces données permettront d’extrapoler sur le potentiel réel de cette zone dans l’accueil futur de la biodiversité.

 

Les travaux devraient démarrés en 2014 pour une durée d’environ 6 mois.

Les effets de la zone sur la qualité de la Vesle, la biodiversité et l’épuration de certains micropolluants dans le milieu naturel seront suivis sur plus d’un an après travaux.